OLITROP
De nombreuses zones tropicales côtières sont aujourd’hui considérées comme étant exposées aux problèmes d’eutrophisation[1] en raison d’une forte croissance économique et démographique ; un phénomène qui affecte les activités économiques (accès aux ressources, tourisme…). Si les milieux tropicaux sont généralement considérés comme oligotrophes[2], ils peuvent être soumis lors de la saison des pluies à des pulses épisodiques de nutriments (crues de rivières, remise en suspension de particules suite à des évènements venteux) qui peuvent favoriser les floraisons phytoplanctoniques de courte durée. La matière organique issue de la dégradation bactérienne de ces blooms peut conduire à une modification directe ou indirecte des habitats benthiques avec, par exemple, une augmentation de l’abondance des macroalgues aux dépens des récifs coralliens comme observé sur les récifs de la Jamaïque et du sud-est de la Floride.
Les suivis réalisés dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau confirment cette tendance. Si les données disponibles dans les départements ultra-marins (données in situ, données satellitaires, données hyperspectrales) offrent la possibilité de développer des indicateurs permettant de statuer sur le risque d’eutrophisation des eaux côtières tropicales, la situation dans les autres territoires ultra-marins est différente et nécessite une étape préalable dont l’objectif sera de caractériser les données disponibles.
Le projet OLITROP propose, au travers d’une étude intégrée dans différents sites ultra-marins, d’évaluer le lien de cause à effet entre les caractéristiques des bassins versants (taux d’urbanisation, d’industrialisation, de culture et d’élevage), la typologie des eaux côtières (capacité de renouvellement des eaux, nature du fond), les variations spatiales et temporelles (saisonnières et interannuelles) des paramètres physico-chimiques dans les eaux côtières (nutriments, turbidité, chlorophylle, oxygène) et les assemblages biologiques (phytoplancton, macroalgues et récifs coralliens) afin de proposer des outils permettant d’accompagner les acteurs locaux dans la maîtrise des phénomènes d’eutrophisation.
Contacts scientifiques : Anne Daniel
Collaborations : Ifremer DYNECO/ LEBCO ; Ifremer/VIGIES ; Délégation Ifremer océan Indien ; Délégation Ifremer Martinique ; DEAL Réunion ; DEAL Martinique ; DEAL Guadeloupe ; Office de l'Eau Réunion ; Office de l’Eau Martinique ; Office de l’eau Guadeloupe ; Parc Naturel Marin de Martinique ; Parc Naturel Marin de Mayotte ; CITEB
Publications : Platzgummer et al., 2021
Financements : Agence Française de Développement
[1] L’eutrophisation peut être définie comme un milieu (eutrophe) qui a atteint un niveau d’enrichissement tel que des dégradations ou des nuisances manifestes peuvent y être constatées.
[2] Oligotrophe : milieu peu riche en matières nutritives.